Novembre 1997, Stranieri, le coucou de l'Essonne...
Au début du mois de novembre 1997, un couple désireux de vendre leur restaurant-discothèque de Viry-Chatillon va disparaître sans que l'on comprenne pour quelle raison ils n'avaient alerté personne de leurs proches, aussi bien Nathalie GIRARD que son compagnon Frédéric ADMAN. Chez les GIRARD on s'inquiétera même de cette disparition et on tentera en désespoir de cause de prévenir les gendarmes, mais sans être entendus. Après tout, Nathalie était majeure et donc libre d'aller où elle voulait, même sans prévenir qui que ce soit ! Et puisque l'affaire avait très vite été conclue sans que l'acheteur n'émette de réserve quant au prix de 427 000 € proposé... Mais, curieusement, ce n'est qu'une fois que les actes auront été signés chez le notaire que le couple disparaîtra. Et ce qui sera encore plus surprenant c'est que l'argent déposé sur le compte bancaire de Nathalie disparaîtra également du jour au lendemain. Dans l'Aveyron, près de Capdenac, Corinne MOULY, la fille de Claude MOULY connaîtra les mêmes désagréments que le couple GIRARD après la disparition de son père et de sa compagne Nicole ROUSSEAU ! Les deux venaient de vendre leur auberge aveyronnaise La Bouriatte pour 610 000 €. Sans se connaître et éloignés les uns des autres, les deux couples auront pourtant affaire au même individu, un certain Alfredo STRANIERI (Portrait en tête d'article). De même que Simon COHEN désireux de vendre sa Jaguar et qui sera accueilli quelques jours plus tard dans la discothèque de Viry-Chatillon à coups de fusil après avoir exigé un paiement par chèque de banque pour vendre son véhicule. Il réussira à échapper à son agresseur en allant se réfugier chez un voisin. Qu'avait donc eu en tête le dénommé STRANIERI qui s'était fait passer pour ADMAN ? Récupérer la Jaguar sans la payer à COHEN en faisant disparaître celui-ci ?
Ce sera la fin pour l'émigré italien qui n'aura d'autre solution que celle de prendre la fuite pour échapper à une interpellation. C'est sans doute à ce moment-là qu'il a dû jeter son dévolu sur l'auberge de La Bouriatte et tenter d'en devenir le nouveau propriétaire, mais sans avoir à verser quoi que ce soit. Là encore, passé la signature des actes chez le notaire, le couple ROUSSEAU/MOULY disparaîtra, ce qui ne manquera pas d'inquiéter Nicole MOULY la fille de l'ancien propriétaire. D'autant qu'ils étaient en contact régulièrement par téléphone et que ce silence, soudain... Quelques semaines plus tard, ce sera au tour du notaire de s'inquiéter de l'absence à la signature définitive du couple ROUSSEAU/MOULY. C'est une vérification d'identité de STRANIERI qui fera sortir les gendarmes de Capdenac leur torpeur. Ils décideront dès lors de le placer en garde-à-vue. Mais c'est grâce à l'article d'un journaliste du Parisien que des éléments mis en parallèle finiront par compléter ce qu'avaient été les certitudes de la famille GIRARD et de Nicole MOULY.
A Viry-Chatillon, les corps de Nathalie GIRARD et de Frédéric ADMAN seront retrouvés dès le début des investigations menées par les gendarmes sur ordre d'un procureur, DAVENAS enfin décidé à réagir. Il en sera de même devant les locaux de La Bouriatte en Aveyron mais Alfredo STRANIERI niera être l'auteur des deux meurtres. Ce sera le départ de deux longues années de procédure qui seront utiles en vue de démêler le vrai du faux et avant que STRANIERI soit envoyé devant les Assises où les jurés le condamneront le 18 février 2003 à une perpétuité accompagnée d'une peine incompressible de 20 ans. Mais, comme on pouvait s'y attendre, le présumé coupable fera appel. La condamnation ayant été reconduite, il tentera de faire casser le jugement mais la Cour de Cassation rejettera la demande.

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