2 nov. 1979... Mesrine, l'ennemi public n° 1 qu'il fallait absolument "serrer" !
Devenu un ennemi public n°1 au Canada, la France ne tardera pas à le découvrir à son retour dans l'hexagone, avec toutes ses potentialités de délinquant aguerri ! Mais comment en était-il arrivé là Jacques MESRINE, cet homme qui savait si bien se déguiser, changer d'apparence et qui aura tenu la France en haleine avant d'être abattu par quatre policiers le 2 novembre 1979 Porte de Clignancourt, voici déjà quarante-sept ans ?
Sans doute sa participation à la guerre d'Algérie dès 1956 aura t-elle joué un rôle dans son ascension vers une criminalité féroce, celle dont il avait fait son cheval de bataille. En Algérie il avait appris à tuer mais pas à combattre, et que la violence morale n'avait pas de couleur propre. Il sera démobilisé au printemps 1958 après deux ans de service militaire mais après ça plus rien ne sera jamais pareil ! Une criminalité qu'il ne tardera pas à prendre à bras le corps en étant l'auteur de quelques menus larcins avant de songer à s'expatrier au Canada. C'est une officine pharmaceutique su XVème arr. parisien qui en fera les frais où il récupèrera l'équivalent d'un millier d'euros d'aujourd'hui et donc pas de quoi tenir plusieurs semaines. Suivra une banque du VIIIème et une opération qui ne demandera à MESRINE que 38 secondes ! En 1965, les agressions commises plus précises lui vaudront d'entrer dans la cour des grands. En 1967, Jeanne SCHNEIDER deviendra sa partenaire de coeur et les deux malfrats finiront par gagner l'Espagne de Franco avant de gagner le Canada en octobre 1968 parce que l'homme avait besoin de nouveaux territoires à conquérir ! Il y rencontreront un propriétaire terrien du nom de Georges DESLAURIERS qu'ils séquestreront dans un chalet proche de Montréal d'où ils demanderont une rançon qui ne sera pas versée dans son intégralité. Et le 14 mars 1969, tôt le matin, ils finiront pas être arrêtés. Ce sera la première arrestation de sa vie et une condamnation de dix années d'enfermement au pénitencier Saint-Vincent de Paul à Laval dans le banlieue de Montréal où il fera la connaissance d'un régime disciplinaire mis en place pour écraser les individualités les plus résistantes comme lui. Avec une de ses nouvelles connaissances, le malfrat MERCIER, des fausses clés seront fabriquées à partir de la cire de bougie et le 21 août 1972 Jacques MESRINE sera le premier à s'évader de ce pénitencier de Laval pourtant décrit comme un lieu d'où on ne pouvait s'évader.
Après un court transit aux Etats-Unis ce sera le retour en France à l'automne 1972. Il ne tardera pas à refaire parler de lui après avoir réglé le compte d'un indic en mars 1973. A Boulogne, lors d'une perquisition, les policiers mettront la main sur un véritable arsenal mais MESRINE la jouera grand seigneur en les invitant à sabrer le champagne pour fêter son arrestation. Tout en leur promettant de s'évader dès que possible, ce qu'il fera à Compiègne le 6 juin 1²973 où il avait été invité à se rendre pour répondre devant un tribunal d'une affaire de moindre importance. Pour ce faire, il ira jusqu'à prendre un magistrat en otage après avoir récupéré des armes aux toilettes qu'un complice avait déposées. Il venait là de réussir sa première évasion en France. Jacques MESRINE sera difficile à retrouver car il n'appartenait pas au milieu ni à un quelconque réseau. Quelques jours après il attaquera d'ailleurs une imprimerie en mettant la main sur environ 46 000 €. Le 27 sep. 1973 on le retrouvera lors du hold-up de deux agences bancaires. Il sera finalement interpellé par le commissaire BROUSSARD et incarcéré à La Santé dans un QHS, un épisode qu'il vivra mal. Soumis à un régime d'isolement impitoyable il mettra quelques mois à préparer une nouvelle évasion en attendant la fin 1977 et une rencontre avec un autre prisonnier du nom de François BESSE. Il apparaît qu'il bénéficiera d'une complicité interne pour se procurer des armes qui lui permettront une fois encore de se "faire la belle". Pendant deux ans, il se livrera à d'autres faits qu'il accomplira aux côtés de la nouvelle femme de sa vie, une ancienne barmaid, Sylvia JEANJACQUOT. Après l'enlèvement du milliardaire Henri LELIEVRE en juin 1979, on notera qu'il avait déjà prévu d'enlever une nouvelle personnalité si on lui en avait laissé le temps, l'animateur Philippe BOUVARD !
La fin de Jacques MESRINE est restée dans tous les esprits de ceux qui se sont intéressés à cet "Instinct de mort", le titre de son livre. Reste à savoir s'il a vraiment été assassiné ce 2 novembre 1979 comme certains l'ont dit ou si le règlement de compte a été dû à un concours de circonstances.

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