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mardi 11 octobre 1983, à la clinique de Pessac du docteur Aran, on s'inquiète...

 

Le 11 octobre de cette année 1983 va commencer une affaire qui fera beaucoup parler d'elle : celle des meurtres du chirurgien François-Xavier ARAN et de son épouse Aline ARAN. Alors qu'il devait opérer à 11 heures, tout le monde l'attendait sans qu'il se soit manifesté d'une façon ou d'une autre pour expliquer ce retard ! Sa femme Aline qui était anesthésiste ne répondra pas non plus aux sollicitations des uns et des autres ! Après qu'un membre de son équipe soit allé à leur domicile, on trouvera le chirurgien bâillonné en position semi fléchie et mort étranglé et tout habillé dans sa baignoire ! Aucun vol ne semblant a priori avoir été commis, les enquêteurs s'interrogeront sur le mobile de ce crime. Son épouse Aline restera, elle, introuvable, malgré la présence de son véhicule devant la maison. Ce meurtre et cette disparition commis dans une maison bourgeoise aura très vite des accents inquiétants de bon polar et deviendra pour la presse le feuilleton de l'automne.

D'autant que le lendemain du crime on retrouvera la berline blanche du docteur ARAN à Nevers dans la Nièvre, mais plus inquiétant encore des traces de sang sur la banquette et un impact de balle de calibre 7,65. Il semblera aussi qu'Aline ARAN ait été enlevée dès la veille au soir puisque le matin de la découverte du corps de son époux elle sera vue dans une banque à Limoges, puis un peu plus tard dans une station d'essence opérant sans doute des retraits à la demande de ses ravisseurs. Trois jours plus tard une demande de rançon sera effectuée et le frère du médecin tué s'efforcera d'obtenir de son interlocuteur une preuve attestant qu'Aline était toujours en vie, mais sans qu'il y parvienne. Sans non plus qu'il soit question d'un quelconque montant de rançon. Les appels du ravisseur permettront néanmoins de le localiser et, faute d'avoir pu lui emboiter le pas en vue d'une filature, les enquêteurs parviendront à établir un portrait robot (en tête d'article). Hélas, le 26 octobre, seize jours après la découverte du corps de son époux François-Xavier, c'est le corps d'Aline qui sera retrouvé en état de putréfaction, dans la Nièvre également, son sac ayant été aperçu par une promeneuse cinq jours plus tôt. Aline ARAN devait avoir été tuée dès le lendemain de son enlèvement d'une balle à bout touchant, probablement dans la voiture de son époux. Il se trouve que le portrait robot permettra d'appréhender un certain Lionel CARDON qui avait déjà été suspecté de cambriolages le mois passé à Bordeaux et qui venait de sortir de prison depuis quatre mois après avoir purgé une peine de six ans à Ensisheim pour un braquage. C'est malheureusement une rivalité entre services de police (Urbaine de Bordeaux et PJ) qui fera échouer l'interpellation du présumé coupable.

Trahis par la presse qui diffusera un article sur cet homme en passe de devenir le nouvel ennemi public n°1 après MESRINE, les policiers n'arriveront pas à appréhender Lionel CARDON. Du moins jusqu'à ce que deux motards parviennent à le localiser pour un motif différent et que l'un des deux motards, le brigadier HOCHARD soit tué par deux balles. En fuite, le tueur se justifiera auprès de l'agence France-Presse en précisant que s'il était le tueur du motard il n'était pour rien dans le meurtre des époux ARAN à Bordeaux et qu'il était victime d'une "machination complètement dégueulasse montée de toutes pièces" ! Au plan procédural, la désinvolture des magistrats sera mise en cause par les policiers qui leur reprocheront d'avoir laissé CARDON retrouver une liberté conditionnelle après seulement six ans d'enfermement et des faits déjà graves. Le nouvel ennemi public n'en restera pas là puisqu'il prendra en otage une avocate dans le XVIème arr. de Paris, rue Nicolo avant d'accepter de se rendre à elle sans formuler de conditions et après lui avoir confié son revolver. Il voulait tout simplement qu'on comprenne quels avaient été les motifs de ses différents agissements tout en continuant à nier son implication dans le meurtre du chirurgien bordelais. Ce serait deux amis du chirurgien, Patrick et Isabelle, désireux de le faire chanter qui l'avaient accompagné chez les ARAN.   

Condamné dans un premier temps à Paris à la perpétuité, et il sera ensuite condamné également à la perpétuité à Bordeaux le 14 déc. 1986 pour des faits qu'il niait malgré la présence à Pessac d'empreintes l'incriminant. Mais il n'apportera aucune explication crédible qui aurait pu le dédouaner. Incarcéré à Fresnes il tentera à nouveau de s'échapper en 1989 puis à trois autres reprises dans d'autres centrales. A la prison de Lannemezan, atteint d'une maladie respiratoire, une bronchopneumopathie chronique obstructive, Lionel CARDON a observé une grève de la faim depuis le 9 juillet dernier. Le tueur du couple ARAN, médecins à Pessac demandait une suspension de peine après 38 ans passés derrière les barreaux.

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