Elles avaient brillamment résisté contre les nazis !
On ne parle pas souvent d'elles et pourtant, pourtant elles auront été en première ligne contre les nazis s'illustrant parfois au péril de leur vie. Dernièrement, en mai 2015, un reportage leur avait été consacré. Certaines déjà très âgées nous ont quittés depuis, mais d'autres comme Marie-Jo CHOMBARD de LAUWE (en photo ci-dessus à 18 ans) vit toujours à 103 ans ! Arrêté en Bretagne alors qu'elle circulait à vélo cette dernière sera arrêtée et emprisonné à La Santé à Paris après avoir assisté à l'arrestation de ses parents. Elle supportera bien des mauvais traitements, apercevant parfois la colonne des résistants qu'on emmenait au Mont Valérien pour qu'ils soient fusillés. Elle se demandait bien sûr quand cela serait son tour avant d'être finalement déportée à Ravensbrück avec cinquante-huit autres jeunes filles ou femmes. Pour elle, ce sera la découverte de l'innommable ! Elle y rencontrera Geneviève de GAULLE. On lui avait rasé les cheveux et la nuit, réveillée à 3h30 elles devaient se préparer à aller travailler vers 5 heures du matin. En prison elle avait eu le sentiment d'être encore un être humain mais dans ce camp celui d'être devenue un objet. Elle devra attendre le 21 avril 1945 pour être enfin délivrée de ce maudit camp, retrouvant sa mère Suzanne, son père étant mort en déportation. Avec le regard qu'elle avait, Marie-Jo aura le sentiment d'avoir ramené la mort avec elle !
Après avoir abattu un dignitaire nazi sur les quais parisiens avec une arme, Madeleine RIFFAUT sera elle aussi emprisonnée puis interrogée une semaine durant. Les Allemands voulaient faire craquer cette jeune résistante qualifiée de terroriste qui venait d'abattre l'un des leurs afin de connaître le nom de son chef et à quel réseau elle appartenait. Ils iront jusqu'à blesser un enfant devant elle pour la faire parler mais comme elle ne savait rien ayant opéré seule, elle ne dira rien. Transférée à Fresnes, Madeleine apprendra qu'elle avait été condamnée à mort. Comme elle le dira, elle voulait juste en finir ne voyant plus d'issue. Hasard du destin, elle parviendra à échapper à son exécution, sortira et prendra la tête d'un groupe baptisé la Compagnie Saint-Just. Le 23 août 1944, elle participera même à l'attaque d'un fort militaire aux Buttes Chaumont. Après la fin de la guerre, elle occupera différents emplois devenant même reporter et couvrant des conflits comme celui de l'Algérie parce que les combats lui manquaient. Ce n'est qu'en 1994 qu'elle acceptera de témoigner de son parcours de résistance après s'être laissée convaincre par Raymond AUBRAC de l'utilité de parler de ceux qui avaient disparu.
En août 1944 alors que Paris se libérait du joug allemand, Cécile ROL-TANGUY se rendra, elle, disponible pour taper à la machine un appel à l'insurrection destiné au peuple parisien. C'est le mari de Cécile qui dirigera le mouvement de résistance qui s'était constitué dans la capitale. Jusqu'à présent et ce jour d'août dont elle se souviendra toujours, elle s'était seulement contentée de véhiculer son landau dans un Paris occupé, acceptant tout de même d'y transporter des armes, voire une machine à écrire que les nazis avaient fait interdire. Dans l'ombre de son mari Henri, elle attendra qu'il décède pour que son envie de témoigner l'incite à raconter ce qu'elle avait vécu.

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