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Arlette Testyler... Elle a vécu le 16 juillet 1942 !

 

Arlette habitait avec ses parents au 114 de la rue du Temple à Paris et elle se souvient encore de ce qu'elle a vécu au début des années de guerre aux côtés de sa mère. En 1941, au moment où des policiers sont venus l'arrêter pour partir vers Auschwitz, son père pensait toujours que la France allait gagner la guerre et il avait confiance en son pays. Sa mère, elle, était d'un avis différent, et c'est sûrement grâce à elle si elle a pu être encore là et s'ils ont pu s'échapper à Beaune-la-Rolande et trouver ensuite un refuge à Vendôme, en Touraine chez des savetiers, les PHILIPPEAU qui abritaient énormément d'enfants juifs ! Parce qu'elle était très méfiante et qu'elle avait demandé à son père de ne pas partir et d'obéir à cette première rafle ! Mais hélas pour lui, il ne l'a pas écoutée et il n'est jamais revenu.

Avec un talent de conteuse exceptionnel, Arlette, âgée de 91 ans qui vient de nous quitter le 12 juin dernier, et qui était l'une des dernières survivantes de la rafle, racontait comment son sentiment à elle à propos de la police avait changé. Déjà en 1941 mon univers avait basculé dira t-elle. Lorsqu'un policier m'a montré alors que je jouais dehors, un panneau où était écrit : "Interdit aux Juifs et aux chiens". Ce que les événements du 16 juillet 1942 ont confirmé. Je n'ai d'ailleurs pas compris que la Police française soit venue nous arrêter ce jour-là. Nous avions bien entendu l'obligation de porter des étoiles jaune et pour aller à l'école laïque, j'avais refusé de porter la mienne. Et puis il avait fallu les acheter ces étoiles alors qu'on nous avait déjà tout pris ! C'est finalement à cause du : "les enfants aussi" de PETAIN que nous avons été arrêtés et emmenés jusqu'à Beaune-la-Rolande. Alors qu'il n'avait pas été prévu que les enfants suivent leurs parents. Aujourd'hui je ne peux toujours pas revoir la gare d'Austerlitz où nous avions dû prendre un convoi en juillet 1942, parce que ça me rappelle trop de choses ! D'ailleurs, je n'ai pas accepté bien plus tard de serrer la main du Président MITTERRAND lors d'une manifestation parce qu'il était allé s'incliner devant la tombe de PETAIN !

  

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