24 sept. 1995 va commencer le cauchemar de la ville Perpignan !
Avec la jeune Tatiana ANDUJAR âgée de 17 ans on va être assez vite plongé dans l'inquiétude car aucun témoin ne verra cette jeune fille qui était descendue du train à la gare de Perpignan dimanche soir à un peu plus de vingt heures alors que la nuit était sur le point de tomber ! Alors qu'elle était censée rejoindre à pied le domicile de sa mère Marie-José GARCIA dans la banlieue mais avait prévu de faire du stop. Que lui serait-il arrivé ? Folle d'inquiétude, sa mère se rendra au commissariat de police puis demandera à la presse de l'aider en publiant un encart dans l'Indépendant (en tête d'article). L'article provoquera bien quelques réactions de personnes qui attesteront avoir vu la jeune fille à la gare puis se diriger vers la rue Courteline assez empruntée. C'est dans cette rue qu'on perdra sa trace. Tatiana sera la première disparue de la gare de Perpignan. Après bien des recherches, le dossier sera cependant classé et surviendra un non lieu. Avant que quelques mois plus tard se produise le 21 déc 1997 un nouveau fait avec cette fois-ci un corps retrouvé totalement nu abandonné dans un terrain vague, celui d'une nouvelle jeune fille les bras en croix. Alertés par un voisin qui avait vu ce corps face à son logement HLM, boulevard Nungesser et Coli, les policiers constateront qu'on avait procédé à l'ablation de ses seins et de ses parties génitales. Se serait-il agi d'une mutilation opérée par une secte satanique ? On recherchera longtemps ce qui avait pu inciter un tel acte de barbarie. Le procureur dépêché sur les lieux reconnaîtra de suite la victime du nom de Mokhtaria CHAHID. Etudiante en Sociologie, elle avait un peu plus de 19 ans et il était intervenu pour lui permettre d'être indépendante de sa famille qui avait des vues un peu trop rétrogrades. Comme cela avait sans doute été le cas de Tatiana ANDUJAR c'est à la sortie de la rue Courteline près de la gare qu'elle a dû faire une mauvaise rencontre alors qu'elle rentrait chez elle à pied. Une de ses chaussures sera retrouvée un peu plus loin dans un jardin de particulier. A Perpignan qui était une ville assez calme, la psychose prendra vite le dessus et les parents redoubleront de conseils à l'égard de leur enfants leur interdisant même d'emprunter les environs de la gare ou de faire du stop. Pour les légistes, ce crime et ces ablations ne pouvaient être que ceux d'un médecin habitué à se servir d'un scalpel. Les recherches des enquêteurs s'orienteront donc vers le milieu médical et vers la recherche d'un "médecin bizarre". C'est ainsi qu'ils en arriveront à suspecter un certain Palomino BARRIOS qui avait été viré de l'hôpital local où il avait exercé et qui résidait à 200 mètres de l'endroit où sera retrouvé le corps de Mokhtaria.
L'individu sera vite interpellé et son domicile fouillé de fond en comble. Tout sera prélevé, des taches suspectes examinées, un scalpel saisi mais rien ne permettra de penser que BARRIOS, un Péruvien, pouvait être le criminel recherché. En outre il dira avoir été à Barcelone au moment des faits disposant ainsi d'un solide alibi. Sauf que l'alibi ne tendra pas la date de la présence en Espagne n'étant pas celle avancée. Le suspect sera donc mis en examen et incarcéré d'autant qu'il avait été vu nettoyer à grande eau son fourgon. Devenu le Jack l'Eventreur catalan, la presse ne l'épargnera pas. De suite on rapprochera le meurtre de Mokhtaria de la disparition de Tatiana ANDUJAR survenue au même endroit. BARRIOS sera aux yeux des enquêteurs le coupable idéal, voire même celui d'un tueur en série et Perpignan, rassurée, recommencera à vivre. Sauf que le 9 mars 1998 le quartier de la gare sera le théâtre d'une nouvelle agression ! Une autre jeune femme, Sabrina, sera en effet éventrée par un individu mais ayant réussi à faire fuir son agresseur avec l'aide d'une voisine elle échappera à une mort horrible. Ce qui sera dommageable à la poursuite de l'enquête sera la non communication entre les services le la Police Judiciaire et la brigade chargée des crimes et délits. D'autant que l'agresseur s'était vanté auprès de Sabrina d'avoir... 38 ans, une piste qui ne sera donc jamais exploitée par les enquêteurs.
Le 26 juin 1998 en pleine Coupe du Monde de football, un autre corps sera retrouvé à la sortie de l'autoroute de Perpignan-sud dans une décharge, celui d'une jeune femme à laquelle on avait coupé la tête et tranché les mains. On l'identifiera comme étant une dénommée Marie-Hélène GONZALES. Elle avait, elle aussi, subi en plus les mêmes ablations que Mokhtaria. Les enquêteurs seront assez vite convaincus qu'ils avaient fait fausse route avec Palomino BARRIOS et qu'ils devaient le remettre en liberté. En février 2001, quelques mois plus tard, un certain Marc DELPECH avouera avoir tué une autre jeune femme du nom de Fatima IDRAOU dont le corps sera retrouvé à moitié enseveli sur une plage. Il sera assez vite jugé et condamné à une peine de 30 ans, avec le sentiment d'avoir payé pour l'intégralité de tous les homicides recensés.
Pourtant, en 2014, une nouvelle juge d'instruction reprendra l'examen de toutes les pièces et s'attardera sur un ADN partiel qui avait laissé de côté mais qui pourrait être à nouveau exploité. Celui retrouvé sur l'une des chaussures de Mokhtaria CHAHID. Grâce aux avancées des techniques de recherche, les enquêteurs arriveront à faire correspondre cet ADN partiel avec celui d'un nouveau délinquant sexuel entré dernièrement dans les fiches à la suite d'un délit familial, un certain Jacques RANSON. Un individu qui avait failli faire l'objet de poursuites en 1998, seize ans plus tôt pour s'être livré à l'agression d'une automobiliste. RANSON sera d'abord entendu pour le meurtre de Mokhtaria puis pour tous les autres qu'il finira par reconnaître au vu des indices en possession des enquêteurs. Ce sera l'épilogue d'une affaire qui avait longtemps traumatisé les Perpignanais. Mais sans qu'au bout du compte on ait pu réussir à savoir ce qu'il était advenu de la jeune Tatiana ANDUJAR.

Commentaires
Enregistrer un commentaire