Le triple meurtre de Huos : un sacré sac de noeuds !
Ce 13 juillet 1988 vers les 5 heures du matin étaient découverts à Huos, une petite bourgade de Haute-Garonne, par Henri-Jean JACOMET les corps de trois personnes, ceux de sa femme Fabienne et de sa soeur Joëlle et d'un homme, l'époux de cette dernière, un certain Fernando RODRIGUES qui semblait s'être donné la mort avec un fusil et qui sera au départ considéré comme l'auteur de ce massacre ! Les pompiers administreront au mari de Fabienne choqué des sédatifs qui le plongeront dans un lourd sommeil. Il est vrai qu'après une nuit de travail, après s'être mis à la recherche de son épouse il venait de rentrer chez lui pour dormir ! Une scène de crime effroyable et un drame qui se serait joué à huis clos aucune effraction n'ayant été décelée chez les SOUBIE, où devait avoir eu lieu une lutte. On retrouvera en plus d'un second fusil une hache, un sabre, une épée et des ustensiles renversés mais curieusement les résidents habituels ayant été prévenus, il sera demandé aux pompiers un nettoyage des lieux comme si on avait voulu épargner aux parents cette vision horrible ! L'analyse du bol alimentaire des deux femmes permettra de donner l'heure à laquelle avait été commis leur meurtre, savoir cinq heures de l'après-midi de la journée précédente alors que l'analyse du présumé suicidé fera état d'une mort survenue un peu plus tard, une constatation qui accréditera sa culpabilité.
Alors qu'on aurait pu penser à celle d'un mari jaloux, Henri-Jean JACOMET, qui avait craint que son épouse Fabienne le quitte, l'audition de son ami Thierry BURELLA venu boire l'apéritif chez lui en fin d'après-midi vers les 19-20 heures attestera qu'il n'avait pu se trouver au domicile des SOUBIE, les parents de Joëlle. Il apparaîtra que Fernando RODRIGUES avait, quant à lui, déjà voulu se suicider deux ans auparavant. Seulement, pour les parents des deux femmes assassinées, les SOUBIE, JACOMET faisait vivre à son épouse Fabienne une vie dans un taudis sans eau courante et sans chauffage. Une Fabienne qui, de son côté, s'était amourachée de l'oncle de Fernando, Dennis, plus âgé d'une vingtaine d'années et qui était maître d'hôtel aux Etats-Unis. Ce dernier élément incitera les enquêteurs à rejeter la thèse du suicide de Fernando et à faire d'Henri-Jean JACOMET le suspect des meurtres commis au domicile des SOUBIE. D'autant que son alibi fourni par son ami Thierry était discutable et un peu trop arrangé et qu'avant cet apéro providentiel, son emploi du temps n'avait pu être clairement défini. Les enquêteurs mettront longtemps tout en oeuvre pour obtenir de l'ami d'Henri-Jean des éléments supplémentaires le mettant en cause. Mais il n'en sera rien.
Sept ans après les meurtres et une très longue enquête et sans qu'aucun indice probant n'ait pu être décelé, Henri-Jean JACOMET sera renvoyé devant les Assises. Des Assises où soixante-quinze personnes viendront témoigner sans que rien de bien nouveau ne surgisse ! Et malgré une condamnation à perpétuité requise par l'avocat général, les jurés acquitteront l'accusé. Mais l'affaire n'en restera pas là et les familles SOUBIE et de Fernando RODRIGUES déposeront une nouvelle plainte trois ans plus tard en 1998. Une nouvelle enquête sera donc effectuée avec le concours de nouveaux enquêteurs et de nouveaux moyens comme l'ADN ou la morpho-analyse permettant de faire ressortir les projections sanguines. Il sera démontré que Fernando RODRIGUES était bien présent au moment du meurtre des deux soeurs SOUBIE, ce qui donnera un éclairage différent de ce qu'avaient déterminé les enquêteurs en 1988 qui n'avaient pas voulu prendre en compte les données fournies par la brigade de Saint-Gaudens. En conclusion, Henri-Jean JACOMET se verra définitivement blanchi d'une histoire qui avait failli avoir raison de lui !
Il a aujourd'hui refait sa vie à l'autre bout de la France.

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