3 juillet 1975... le juge Renaud était assassiné à Lyon !
Un juge d'instruction assassiné ! A Lyon, ce 3 juillet-là personne n'en n'était revenu, même si le personnage avait habitué ses proches par des prises de position qui lui avaient valu d'être considéré comme un sheriff ! Un sheriff peu disposé à laisser les voyous diriger le monde et un juge intègre qui venait de se mettre à dos tout le milieu lyonnais ! Abattu à bout portant de trois balles dans la tête par un des trois tueurs cagoulés devant son domicile, Montée de l'Observance, à un peu plus de deux heures du matin, le Juge François RENAUD qui s'était abrité derrière une Volkswagen après les premiers tirs n'avait aucune chance de leur échapper. Il était même tombé dans un véritable guet-apens, les trois hommes l'ayant patiemment attendu cette nuit-là ! Malheureusement, sa compagne Geneviève qui l'accompagnait, en état de choc, ne sera pas en mesure de donner des renseignements précis sur leurs agresseurs ! A priori, la voiture des agresseurs était une voiture claire aperçue par un témoin lointain et une Audi 80, sera retrouvée trois jours plus tard sur le parking d'un immeuble, des cartouches abandonnées ayant permis de l'identifier. Cette voiture avait été volée deux jours avant l'assassinat du juge par deux individus à moto aperçus rodant à proximité.
Avait-il découvert dans l'un de ses derniers dossiers un secret d'Etat ? Ce qui est sûr c'est qu'il se sentait menacé et qu'il s'en était ouvert à son fils Vincent âgé de vingt ans, parlant du fait qu'il était sur une grosse affaire et qu'il était possible qu'il se fasse flinguer. Il avait d'ailleurs demandé l'autorisation d'avoir une arme, une arme sont il ne se servira hélas pas assez et qui l'aurait peut-être préservé. François RENAUD avait nommé Premier Juge à Lyon depuis trois ans et donc en charge de toutes les affaires les plus sensibles comme l'enlèvement du petit Mérieux, le fils du laborantin ou l'affaire Marin-Laflèche ou le gang des Lyonnais d'Edmond VIDAL.
Son fils Vincent qui est déçu par le manque de détermination des autorités policières et juridiques et par un non-lieu qui n'avait aucune raison d'être poursuit ses recherches en vue d'arriver à faire payer les responsables de cet assassinat, même en allant au plus haut sommet de l'Etat. Il est effectivement persuadé que les tueurs auraient opéré avec la collaboration du S.A.C (Service d'Action Civique) une milice aux actions douteuses proche à l'époque de l'UDR, ancêtre du RPR, un S.A.C qui a été dissous en 1984 après avoir été à l'origine de la disparition du ministre Robert BOULIN en 1979. Les trois agresseurs présumés avaient d'ailleurs été identifiés, mais la Police tuera l'un des trois et ne poursuivra pas les deux autres faute, dira t-elle, d'avoir des éléments suffisants. Curieusement, des pièces avaient déjà disparu après l'assassinat du Juge RENAUD, ce qui avait ému sa greffière.

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