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11 juin 2003... Quand la Justice trouve un coupable idéal !

Patrick CHABERT qui est conducteur de travaux au sein d'une entreprise de BTP n'est pourtant pas un migrant ni un émigré d'aucune sorte et c'est cependant sur lui que notre bonne Justice aura choisi de s'attaquer en 2010. A un moment où il sortait d'une dépression et de quelques ennuis financiers qu'il avait dû traverser. Mais, revenons un peu sur les faits de cette triste histoire qui démontre hélas chaque jour qui passe que nous sommes vraiment en danger, même quand nous n'avons rien à nous reprocher ! On vient de le voir avec l'odieux crime de la petite Lhyanna à Fleurance.

Tout démarre le 11 juin 2003 à 14 heures où une femme du nom de Nadine CHABERT (en photo ci-dessus), qui occupait un emploi ne s'était pas présentée à son travail. Aurait elle entrepris de disparaître soudain sans rien dire à ses proches, sinon le fait qu'elle semblait en avoir marre de la vie qu'elle menait et qu'elle avait donc introduit une demande de divorce quelques mois plus tôt. Une demande qui devait donner lieu à une ultime tentative de conciliation prévue pour le 10 juin et qui avait bizarrement été annulée par téléphone ! Le couple qui, jusqu'alors, avait été très soudé n'avait certes pas résisté aux déboires financiers vécus par Patrick. Certains diront également que la jeune femme avait peur de son mari, une accusation qui finira d'ailleurs par être fatale à ce pauvre Patrick CHABERT qui, sur le coup, n'avait pas prêté beaucoup d'attention à toutes ces péripéties. Rien d’étonnant à cette absence, affirme son mari : le 10 juin, il l’avait lui-même déposée à un rond-point de Fos où quelqu'un devait venir la prendreNadine CHABERT aurait elle voulu disparaître en laissant derrière elle et sans explications sa fille Emilie seulement âgée de 11 ans à laquelle elle était pourtant très attachée ? Emilie reconnaîtra cependant que sa mère avait changé les derniers temps et que même leurs rapports n'étaient plus aussi affectueux que par le passé. Lui était-il arrivée quelque chose ? Le 4 mars 2004, une dizaine de mois après cette possible disparition inexpliquée, la brigade de Marseille chargée de reprendre l'enquête se rendra au domicile des CHABERT et s'apercevra, hélas pour lui, que Patrick venait de changer le disque dur de son ordinateur personnel, ce qui sera considéré comme suspect. Et, il y aura une histoire d'emploi du temps pour les 10 et 11 juin qui sera évoquée à propos d'une chambre qu'il avait réservée à l'Hôtel Ibis qu'il avait gagné à 2h30 du matin alors qu'il y avait un trou de trois heures dans son emploi du temps resté sans explication convaincante.    

C'est son responsable de stage dans la région parisienne qui alertera les siens sur le fait que Nadine ne s'était pas présentée à une session à laquelle elle s'était inscrite. Lors de l'investigation entreprise au domicile qu'elle occupait toujours avec son mari on se rendra compte que ses affaires avaient disparu, tout autant que sa petite réserve d'argent liquide ! Convaincus que son mari Patrick ne leur avait pas tout dit, les enquêteurs décideront le 19 juillet 2003 de le placer en garde-à-vue. Le pire de l'histoire c'est que la mère de Nadine, Hélène, qui résidait dans une maison à proximité, sera à son tour accusée d'avoir entretenu une relation charnelle avec son gendre ! Le 13 juin 2004, Patrick CHABERT sera mis en examen mais laissé libre sous contrôle judiciaire. Pour les enquêteurs, il aurait étranglé sa femme le 10 juin et laissé son corps dans son coffre de voiture pendant huit heures, le temps d’assister à des obsèques à Arles. À la faveur de la nuit, il s’en serait débarrassé dans le béton de ce grand chantier sur lequel il travaillait à Toulon. Voilà quel était le fil rouge de l’accusation. Sauf qu'on apprendra par la suite qu'à cette date il n'y avait plus depuis longtemps de fondations et qu'un bâti avait succédé à celles-ci !

Avec le recul, il est probable que Nadine ait choisi le 10 juin 2003 de partir rejoindre en Savoie une amie à elle, Patricia, qui n'avait pas cessé durant toutes les poursuites intentées contre Patrick CHABERT de colporter des ragots mensongers, ragots qui seront préjudiciables au premier arrêt des Assises qui le condamneront en 2010 à vingt ans de réclusion. Sans doute aussi parce que l'accusé n'avait pas su faire front aux interrogations du président de la Cour d'Assises. Il semble aujourd'hui que Nadine CHABERT était fascinée par cette amie Patricia qui donne l'impression de lui avoir vendu les bienfaits d'une appartenance à une secte, une éventualité qui n'aura jamais été approfondie par les enquêteurs. Ce qui est bien regrettable d'autant qu'il avait été retrouvé dans les affaires laissées par Nadine des feuillets remplis d'observations ésotériques. Appuyé par sa fille Emilie, dont le témoignage bouleversera l'assistance, le condamné qui avait décidé d'interjeter appel de ce premier jugement sera acquitté, en sept. 2011 à l'issue d'un nouveau jugement après avoir été incarcéré à Luynes un an durant. Grâce aussi à l'assistance de l'association de Roland AGRET, Action Justice, qui aura aidé Patrick CHABERT à mieux affronter la Justice après ce premier verdict. 

Un non-lieu a été hélas prononcé en 2022, la question du sort de Nadine CHABERT restant donc sans réponse. 



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