Violette Morris, celle qui avait voulu devenir un homme et se venger de la France !
Née le 18 avril 1893 dans le 6ème arr. parisien et fille d'un baron Pierre MORRIS qui avait été un militaire émérite, Violette aurait pu avoir une toute autre destinée que celle qui la jettera dans les bras des nazis en 1935. D'autant qu'elle avait au départ épousé un certain Cyprien GOURAUD, un homme dont elle divorcera en 1923 alors que son orientation homosexuelle était déjà bien affirmée et qu'elle avait trusté pas mal de décorations et de distinctions lorsqu'elle représentait la France au début des années vingt ! Pourtant, rien ne laissait supposer à l'âge de quinze ans qu'elle pourrait devenir une sportive de tout premier plan, elle qui était plutôt une jeune fille sans souffle, sans vigueur et un peu enveloppée ! C'est en Belgique où elle avait intégré un pensionnat de jeunes filles qu'elle prendra goût au sport découvrant même la boxe qu'elle pratiquera aussitôt. Devenue ensuite une sportive dans l'âme et nourrissant de plus en plus un vif intérêt pour les femmes et une rivalité pour les hommes, elle sera très vite promise aux succès sportifs, que ce soit dans la lutte gréco-romaine, la boxe, le lancer du poids ou le disque ou dans maintes autres disciplines comme la course automobile qu'elle découvrira un peu plus tard ! Elle disputera même deux cents matches avec l'équipe de France de football ! Un complet changement !
Un média dira d'elle à l'époque : "Cette jeune femme qui parle haut, boit ferme et que rien n'intimide, accumule les records : elle bat plusieurs fois les records féminins du lancement du poids et s'adjuge même le record de France. Elle est capitaine de l'équipe de France de football et on la voit, seule femme, participer au Vel d'Hiv aux dures épreuves cyclistes derrière motos, pédalant à 80 kilomètres à l'heure. Elle gagne aussi plusieurs épreuves de natation." Mais avec son visage assez masculin et un profil ingrat, peu disposée à opter pour un quelconque maquillage, Violette MORRIS n'était pas promise aux succès sentimentaux et elle ne faisait rien pour paraître plus féminine, aimant les tenues assez provocantes avec son légendaire mégot au coin de la bouche. C'était même un défi à la bienséance et on aurait dit qu'elle aimait choquer. Elle ira même jusqu'à se faire enlever ses deux seins pour être encore plus proche des hommes et pour, précisera-t-elle, être plus à l'aise pour piloter des bolides de course. Ce qu'une biographe ne confirmera pas parlant plutôt d'une volonté de paraître encore plus masculine et de défier les hommes. Mais son comportement dérangeait et, considérant qu'elle était devenue immorale, on finira par lui retirer ses licences, l'empêchant même de s'aligner aux compétitions sportives des Jeux Olympiques de 1928 à Amsterdam où les femmes étaient désormais admises à disputer des épreuves en athlétisme. Malgré des poursuites engagées contre les fédérations sportives, elle restera exclue du monde sportif, tentant d'ouvrir un magasin d'accessoires automobiles qu'elle tiendra jusqu'en 1931 mais le coeur n'y était plus. Partie un temps aux Etats-Unis, on lui prêtera une liaison avec la star créole Joséphine BAKER, ce qui paraît difficile à imaginer, même si elle s'était mise à la chanson après ses déboires sportifs, car le comble c'est qu'en plus elle savait chanter !
S'estimant humiliée par cette France à laquelle elle avait tout donné au plan sportif et qui avait fini par refuser qu'elle continue à la représenter, tout était donc réuni pour qu'en 1935, elle fasse des offres de service aux nazis et que ceux-ci l'acceptent comme faisant partie des leurs. C'est le chemin de l'exclusion qui l'avait amenée à faire un tel choix, alors qu'HITLER ne nourrissait pas un profond respect pour les homosexuels comme celle qu'elle était devenue au cours des dernières années et que la grand-mère de Violette était d'ascendance juive. Mais les dés étaient jetés et elle intègrera donc dès le début de la Collaboration pétainiste les rangs nazis de la Gestapo d'Helmut KNOCHEN à Paris acceptant de travailler en liaison avec les anciens truands BONY et LAFONT rue Lauriston. Pour la Luftwaffe elle gèrera un magasin de pièces détachées à Paris qui lui procurera des revenus substantiels. Le 26 avril 1944, alors qu'elle était au volant d'une Citroën traction avant en Normandie, elle sera tuée par des résistants. On n'a jamais su quelle était la vérité autour de cette mort et si elle avait vraiment fait l'objet d'un attentat en lien avec ses agissements de collabo. On a également prétendu qu'il y avait eu une méprise et que les résistants s'étaient trompé de cible. Mais Violette MORRIS reste un tel personnage que l'on est porté à croire à à peu près tout ce qui est rapporté à son propos. Elle n'aura finalement aucune sépulture et son corps sera enseveli dans une fosse commune !

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