Lucien Rebatet, l'autre collabo vigoureusement antisémite !
Né à Moras-en-Valloire, dans la Drôme, le 15 novembre 1903, Lucien REBATET était le fils d'un notaire républicain et d'une mère, très catholique. Il deviendra fasciste, anticlérical et polygraphe, voudra devenir un grand écrivain. Elève de MAURRAS, c'était pourtant au départ un petit écrivain frustré au talent nerveux dont la médiocrité morale trouvera soudain, à 39 ans, pendant la Collaboration de Vichy, un terrain où il pourra s'exprimer pleinement compte tenu de son antisémitisme. Déjà parce qu'il se plaisait à dénoncer sans cesse la présence des Juifs, leur complot, leur parasitage, mais aussi ce qu'ils infectaient avant tout, bien malgré eux, avec leur propre prose. Le fantasme juif sera le premier principe de paresse, d'immodestie et de facilité de l'homme de plume qu'était REBATET. N'écrivait-il pas à propos des Juifs : « L'esprit juif est dans la vie intellectuelle de la France un chiendent vénéneux, qui doit être extirpé jusqu'aux plus infimes radicelles, sur lequel on ne passera jamais assez profondément la charrue. Cette déjudaïsation n'a même pas été esquissée depuis l'armistice, tant dans la France parisienne que dans la France vichyssoise. Nous percevons à chaque instant le fumet, le stigmate juifs dans ce que nous lisons, entendons, voyons. Le compte est effrayant des artistes, des écrivains français, souvent parmi les meilleurs, que leurs femelles, leurs maîtresses juives, leurs amis juifs ont dévoyés, qui sont peut-être irrémédiablement perdus pour la France.»
Après Les décombres, en 1942, un des autres pamphlets antisémites, Bagatelles pour un massacre, se vendra à 78 000 exemplaires. REBATET et ses copains antisémites avaient adoré le livre de CELINE, un livre qu'ils récitaient. Quelques années auparavant, le , après avoir travaillé au sein de l'Action Française où il avait été journaliste depuis 1929, il l'était redevenu à Je suis partout, où son style et ses convictions s'affirmeront au fil des années. Jusqu'au bout, il restera fidèle au fascisme, bien qu'il ait soutenu de moins en moins l'antisémitisme, en raison de la législation en vigueur avec le décret-loi MarchandeauLucien REBATET sera également critique de cinéma et d'art, et notamment de peinture. Sous l'Occupation, il écrira des chroniques cinématographiques dans Je suis partout fréquentant les cinéastes en vue comme BECKER, CARNE, GREMILLON. Il sera le premier écrivain français à oser proclamer qu'il préférait "douze Hitler plutôt qu'un Léon Blum".
Condamné à mort à la Libération il sera gracié mais restera en prison à Clairvaux jusqu'en 1952. Il accordera à Jacques CHANCEL, une Radioscopie en 1969, trois ans avant sa mort. Il se signalera dans les années 1950 et 1960 par un antigaullisme obstiné, ne craignant pas de manifester des opinions politiques parfois paradoxales, qui l'isoleront encore plus.

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