Louis-Ferdinand Céline, de l'écriture à la collaboration
Si son "Voyage au bout de la nuit" publié en 1932 reste l'un des sommets de la littérature, l'ancien médecin qu'était le docteur DESTOUCHES, devenu Louis-Ferdinand CELINE ci-contre), est aussi l'auteur d'autres publications dont certaines sont hélas teintées d'une profonde antipathie pour les Juifs, antipathie qui l'amènera à publier en 1937 et donc également avant-guerre Bagatelles pour un massacre, un pamphlet virulent puis L'école des cadavres, que l'éditeur GALLIMARD souhaitait à nouveau publier en janvier 2018, alors que l'écrivain s'y était refusé depuis la fin de la guerre et jusqu'à sa disparition en 1961. Un projet de réédition qui a cependant été reporté et qui est toujours en attente, Serge KLARSFELD étant résolu à porter plainte s'il voyait le jour. Car, et cela n'est plus un secret, le célèbre écrivain était antisémite et il se définissait lui-même comme l'ennemi n° 1 des Juifs. Pire, il est aujourd'hui également démontré qu'il a, comme quelques autres, collaboré avec les Allemands durant l'occupation.
Avec « Céline, La race, Le Juif. Légende littéraire et vérité historique » publié le 6 février chez Fayard, l’historienne Annick DURAFFOUR et le philosophe Pierre-André TAGUIEFF livrent près de 1200 pages qui auront nécessité quinze années de travaux sur l’auteur du Voyage au bout de la nuit, faisant référence à son antisémitisme obsessionnel et son rôle de collaborateur engagé auprès des nazis. Pour les deux auteurs CELINE n'a pas collaboré que par des mots mais aussi par des actes. Durant l’Occupation, il fera rééditer ses deux premiers pamphlets en obtenant de Karl EPTING, directeur de l’Institut allemand (ci-contre), les tonnes de papier nécessaires à l'opération. Il en profitera pour ajouter à la réédition des photos, la plupart étant des photos de propagande qui ridiculisaient, souvent indignement, l’ennemi anglais, gaulliste, juif ou franc-maçon. Il est aujourd'hui démontré que CELINE aura rencontré beaucoup de hauts responsables SS : BOEMELBURG qui dirigeait la Gestapo en France, Hans GRIMM qui dirigeait l’antenne du SD (Service de sécurité) à Rennes, et surtout Hermann BICKLER dont il était l’ami : ce colonel de la SS dirigera à partir de 1943 le bureau VI du SD, service des renseignements politiques pour l’Europe occidentale.
Dans les colonnes de l'Express, DURAFFOUR et TAGUIEFF détailleront certaines de leurs découvertes, révélant un personnage d’une extrême veulerie, Ce que démontrent les révélations d'un nazi, Helmut KNOCHEN puisque ce dernier répertoriait CELINE comme ayant été comme quelques autres un agent SD (Service de Sécurité Allemand créé par HEYDRICH). KNOCHEN qui dirigeait à ce titre les structures françaises et belges de ce service, d'abord condamné à mort après avoir été jugé en France sera gracié par le Président AURIOL. Partisan de la LVF de DORIOT, on dit aussi que CELINE aurait participé à la dénonciation de plusieurs Juifs comme ce docteur Joseph HOGARTH d’origine haïtienne dont le médecin qu'il était voulait récupérer un poste dans un dispensaire à Bezons, ce qui l'amènera à le dénoncer aux autorités vychistes parce qu'il était juif. En mars 1941 CELINE s'en prendra à Robert DESNOS et au Dr MACKIEWICZ, secrétaire des médecins de Seine-et-Oise, ou Serge LIFAR. Cela lui vaudra d'être frappé d'indignité nationale après la guerre. Réfugié en juin 1944 à Sigmaringen avec d'autres Pétainistes, il sera emprisonné au Danemark avant d'être jugé en France puis amnistié grâce à une astuce mémorable de son avocat TIXIER-VIGNANCOURT qui présentera un dossier d'amnistie au nom de DESTOUCHES jouant sur la méconnaissance patronymique de certains des intervenants judiciaires. Il ouvrira alors un cabinet médical, dans une maison, au 25 ter. Route des Gardes à Meudon.


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