Avril 1944... Premier des camps à être évacué Majdanek !
En avril 1944 l'avancée des troupes soviétiques conduit les nazis à ordonner les premières évacuations, dont celle du camp de Majdanek (ci-dessus) et donc à organiser les premières "marches de la mort" en direction d'Auschwitz qui provoqueront des milliers de décès. La défaite des nazis devant Stalingrad en février 1943 puis à Koursk eu cours de l'été suivant a bien entendu joué un rôle dans ces premières mesures de sauvegarde. Mais les nazis n'auront pas le temps de faire entièrement place nette et dès leur découverte du camp le 24 juillet 1944 les Soviétiques constateront l'importance de ce qui s'y était déroulé.
Majdanek situé à 2 km de Lublin et du centre de la Pologne avait été au départ conçu pour héberger des prisonniers soviétiques avant que tout soit repensé ! C'est en février 1943 que l'on en fera un camp de concentration destiné à accueillir 18 000 des Juifs du ghetto de Varsovie. Le camp fournira assez vite une main-d’œuvre d'esclaves pour l'usine de fabrique des munitions dont le grand Reich avait besoin. Des chambres à gaz y avaient été conçues dès l'automne 1942. Mais tout sera utilisé pour tuer et des milliers de Juifs seront fusillés dans des fosses situées derrière les fours crématoires pendant que les haut-parleurs diffusaient des valses de Strauss pour couvrir le bruit. Dans son ouvrage : Si c'est un homme, l'écrivain italien Primo LEVI dira « Les Allemands ont liquidé le camp de Lublin : une mitrailleuse aux quatre coins et les baraques incendiées ; le monde civil ne le saura jamais ». 78 000 personnes dont 59 000 Juifs y seront assassinées. Certaines sources perlent même de 170 000 victimes totales. C’est d’abord le château de Lublin, sur une hauteur, où, presque par hasard, un cameraman soviétique, Vladimir Ernestovitch TOMBERG, découvrira en juillet 1944 des centaines de corps mutilés, jeunes et vieux, hommes et femmes polonais. Mais TOMBERG apprendra qu’il y avait, si l’on peut dire, pire encore. Des éclaireurs découvriront en effet, à 3 kilomètres du centre-ville, un vaste camp, presque intact, un véritable musée des horreurs : Majdanek. Des monceaux de cendres dominaient un vaste potager, et les Soviétiques en arrivèrent aussitôt à une conclusion évidente : les gestionnaires de Majdanek avaient utilisé ces restes humains comme engrais.

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