Werner von Fritsch... Il sera désavoué pour une prétendue cause d'homosexualité !
L'affaire avait fait grand bruit alors qu'HITLER régnait déjà en maître sur une Allemagne encore sous le choc qui avait fini par se soumettre au diktat nazi. Et des diktats il y en avait déjà eu quelques-uns !
Commandant en chef de l'armée de terre au début du Troisième Reich et cela depuis 1934, c'est un complot ourdi par le morphinomane Hermann GOERING et Heinrich HIMMLER qui aura raison du baron Werner von FRITSCH et qui amènera le Führer d'une Allemagne en plein redressement à révoquer ce général en février 1938. Le 3 février 1938, le général baron Werner von FRITSCH remettra donc sa démission de chef d'état-major à son Führer. Il avait été précédé par le maréchal Werner von BLOMBERG, ministre des Armées. Sans doute s'était-il montré trop critique lorsqu'il avait appris que l'Allemagne avait pour projet d'entrer rapidement en guerre contre les Polonais alors que, d'après lui, il ne l'estimait pas prête à le faire. Il était également hostile à la montée en puissance des SS et au refroidissement des relations avec l'URSS et c'est sans doute cette divergence avec le fidèle Heinrich qui aura raison de lui. Avec les hautes autorités militaires ils avaient été convoqués à la chancellerie et HITLER leur avait exposé ses projets concernant la Tchécoslovaquie. Des soupçons d'homosexualité totalement fausses serviront ceux qui comme HIMMLER voulaient le faire partir et le général von FRITSCH sera même dégradé au rang de colonel. Un vieux document avait été exhumé des fichiers de renseignement, une sombre affaire mêlant un jeune prostitué Otto SCHMIDT qui avait tenté de le faire chanter. Bien que von FRITSCH ait contesté l'accusation et qu'il ait été innocenté par une cour martiale, il sera déclaré persona non grata au sein du gouvernement nazi.
Parallèlement, Heinrich HIMMLER chef de la police politique, contraindra à la démission un autre responsable, le maréchal Werner von BLOMBERG, en profitant de son projet de remariage avec une femme au passé trouble suspectée d'être une ancienne prostituée, Erna GRUHN. Werner von BLOMBERG avait même demandé conseil à Hermann GOERING, le chef de la Luftwaffe, qui l'avait rassure en parfait faux cul et qui lui avait même suggéré d'inviter HITLER comme témoin à la cérémonie. Mais Werner von FRITSCH ne sera pas le seul à subir le courroux du nouveau maître de l'Allemagne puisque seize généraux supérieurs seront mis à la retraite et d'autres mutés à d'autres postes.
Né le 4 août 1880, dès l'âge de 18 ans, von FRITSCH s'était intéressé au domaine militaire en intégrant le 25e Regiment d'artillerie de campagne à Darmstadt. Il y était devenu lieutenant en 1900. Reconnu comme un élément prometteur, avait été promu au grade de général (General leutnant) par le chancelier Kurt von SCHLEICHER en 1932 puis après avoir été promu général, le président du Reich Paul von HINDENBURG l'avait nommé Commandant en chef des Ar-mées. Il prendra une part croissante dans le réarmement en violation du terme V du traité de Versailles. Mobilisé en septembre 1939 après avoir été limogé de ses hautes fonctions, il participera néanmoins à la campagne de Pologne à la tête du 12ème régiment d'artillerie et il sera tué devant Varsovie le 22 septembre 1939 sous le feu des mitrailleuses du 80ème Régiment d'Infanterie Polonais.

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