Paul Pradier, le bon tonton au lourd passé de gestapiste à Périgueux
Né le 16 mars 1924 à Montagrier au sein d'une famille d'agriculteurs, le bon petit gars qui était devenu le tonton irréprochable d'une famille vendéenne cachait un lourd passé de collabo au sein de la SIPO-SD de Périgueux. Un redoutable agent de la Gestapo qui avait été sous les ordres du nazi Michael HAMBRECHT, chef de la brigade SD de Dordogne. Sorti de prison en 1955 après dix années de détention, Paul PRADIER ne s'attardait d'ailleurs pas sur son passé, et pour cause ! Durant vingt-cinq ans, il travaillera aux côtés de résistants ignorant tout de son passé. L'homme était, selon ses dires, d'une famille inconnue, et ce n'est seulement qu'après son décès survenu en Vendée en 2018 à 94 ans qu'on apprendra deux années plus tard l'insoutenable vérité et qui avait été ce dernier agent de la Gestapo de Périgueux et ce tonton irréprochable que la famille ALBERT avait accueilli parmi elle ! A la suite d'une enquête réalisée par l'une de ses dernières bienfaitrices sur cet homme aimé de tous, paraîtra un ouvrage de Frédéric ALBERT relatant cette escroquerie patronymique : Ce bon Monsieur Paul publié aux editions Tallandier. Sur une photo conservée par ses derniers amis de Vendée, on le voit poser fièrement dans « son uniforme estival », d’un blanc immaculé. Comme l'écrira un chroniqueur du quotidien Sud-Ouest : la tenue lui conférait (presque) l’allure d’un pape en résidence à Castel Gandolfo, une dimension sacrée. Le sang qui souillait ses mains ne pouvait plus le tacher : des décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, il avait eu le temps de sécher.
Membre du Parti Populaire Français de DORIOT à dix-neuf ans, et décrit comme ayant été particulièrement sadique, Paul PRADIER avait participé le 10 novembre 1943 à une rafle de juifs. Un de ses autres méfaits était d'avoir conduit les nazis d'HAMBRECHT à un dépôt caché de l'armée française, une information qui lui vaudra d'avoir été confortablement rémunéré par les nazis. Il sera également présent à Cornille, toujours en Périgord, au lieu-dit les Piles où il participera le 12 juin 1944 13 personnes seront fusillées. Partie prenante d'un pillage il infiltrera un maquis à Cendrieux en se faisant passer pour un résistant. C'est dire quelle était sa présence d'esprit ! Participant activement aux atrocités ayant engendré la mort de civils, Paul PRADIER est à l’origine de la mort d’un grand nombre de personnes en Dordogne. Ayant quitté Périgueux le mandat d'arrêt sera émis à son encontre le 13 janvier 1945 par le tribunal de Périgueux. Condamné à mort le 12 juin, en raison de l'âge qu'il avait au moment des fais qui lui seront reprochés, la sentence sera commuée en prison.

Commentaires
Enregistrer un commentaire