16 mars 1978... L'enlèvement d'Aldo Moro par les Brigades Rouges qui l'assassineront
Au moment de son enlèvement du 16 mars 1978 revendiqué par les Brigades Rouges de Mario MORETTI, Aldo MORO (ci-dessus), membre de la Démocratie Chrétienne, était un homme politique très en vue en Italie. En 1978, pas un mois ne se passait sans qu'éclate une manifestation opposant l'extrême-droite à l'extrême gauche et la rue était devenue le théâtre d'affrontements que la police avait bien du mal à réprimer. Le ministre de l'intérieur italien Francesco COSSIGA avait d'ailleurs avoué son impuissance au moment où est survenu cet enlèvement d'Aldo MORO. Pourtant, ce dernier était convaincu de pouvoir tout résoudre par la politique, même les revendications des groupuscules les plus violents. A 62 ans, il était, c'est vrai, l'un des hommes les plus influents d'Italie et il envisageait de pouvoir gouverner en Italie avec les Communistes de BERLINGUER.
Personne cependant ne se serait douté que l'Italie allait entrer dans l'une des ses périodes les plus noires au printemps 1978, même s'il était admis que les Brigades Rouges avaient prévu depuis deux ans déjà d'enlever une personnalité politique de tout premier plan afin de négocier leur rapt contre la libération d'une dizaine de leurs membres. Ce 16 mars joignant le geste à la parole les ravisseurs n'hésiteront pas à tuer les cinq gardes du corps et le chauffeur de l'homme politique. Moins protégé que d'autres comme FANFANI ou ANDREOTTI, Aldo MORO était; s'il faut en croire de nombreux observateurs, une victime idéale plus facile à kidnapper le 16 mars de cette année-là que n'importe quel autre responsable. Ce seront ensuite 55 jours d'une attente délicate jusqu'à ce qu'un dénouement tragique se produise et pas celui auquel on s'attendait. Le gouvernement italien d'ADREOTTI avait même été jusqu'à requérir l'aide des Américains pour essayer de résoudre le problème posé par cet enlèvement. Des perquisitions seront ordonnées, des millions d'Italiens contrôlés, certains arrêtés et tout avait été mis en oeuvre ! Un échange de prisonniers des Brigades Rouges sera même envisagé au fil des jours. Suivra un appel du pape Paul VI lancé le 2 avril tout aussi inopérant.
Un seul parti, celui du Socialiste Bettino CRAXI donnera l'impression d'avoir voulu négocier avec les Brigades Rouges, mais pas les autres. Face à la mort, les dernières lettres d'Aldo MORO seront pour sa famille. Et le 9 mai les ravisseurs indiqueront avoir exécuté le responsable politique italien qui sera livré rue Caetani, une rue secondaire de Rome, dans le coffre d'une Renault 4, une voiture volée où le corps sera retrouvé criblé de balles (photo ci-dessus) ! Parmi les historiens et les témoins de l’époque, nombreux sont ceux qui estiment que tout n’avait pas été fait pour retrouver le leader de la Démocratie Chrétienne et le libérer.


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