Formulaire de contact

Nom

E-mail *

Message *

Les Sonderkommandos, ces gens dont la tâche était d'effacer toutes les traces...


Forcés d’accomplir la tâche la plus atroce de tout le système d’extermination, les Sonderkommandos étaient composés dans leur très grande majorité de déportés juifs, que l'on chargeait de faire fonctionner les fours crématoires d'Auschwitz-Birkenau. Leur rôle était également de trier les effets personnels des Juifs ainsi que de détruire les cadavres après leur gazage. Voire de raser les cheveux des femmes avant qu'elle passent à une prétendue douche. Avant l'incinération, il fallait retirer aux déportés qui devaient mourir toutes les ceintures, chaussures ou pièces métalliques qui auraient pu endommager les fours. Chargés de jeter les corps dans des fosses communes, ce qui sera le cas au cours des premières années avant qu'en 1942, ils soient ensuite contraints de les faire brûler sur des bûchers ou dans des fours crématoires. 

Ils étaient choisis à leur descente du train selon des critères physiques faisant la part belle à des jeunes en bonne santé apparente, cela en fonction des besoins en main d'œuvre. Ignoble ! Bien entendu tout contact avec les autres prisonniers du camp leur était théoriquement interdit afin que ce qui s'y passait ne soit jamais connu des autres. Surtout à leur descente du train qui les avait amenés vers l'enfer. Par souci de ne laisser subsister aucun témoin, les membres des Sonderkommandos étaient régulièrement renouvelés, et envoyés à leur tour dans la chambre à gaz puis brûlés sans qu'ils soient mêlés à d'autres déportés qu'ils auraient ainsi pu alerter. En tout, ce seront plus de 2 000 personnes qui feront partie de ces Sonderkommandos. Mais le 7 octobre 1944 après une prise de conscience une révolte de leurs membres interviendra à Auschwitz détruisant le Crématorium 4 à l'aide d'explosifs introduits en contrebande, une destruction qui verra 450 des participants tués. Primo LEVI, survivant de la Buna (Auschwitz III) et écrivain italien, a surnommé les membres de ces Sonderkommandos les corbeaux noirs, ce qui marque bien la connotation négative qui avait été attribuée à ce groupe. Cela explique aussi pourquoi tous ces membres survivants avaient été tenus à l'écart des travaux menés par les historiens.

Filip MULLER, hospitalisé en 1946 et décédé en novembre 2013, qui restait l'un des survivants de ces Sonderkommandos, avait cependant réussi à témoigner. Il avait participé au film tourné par Claude LANZMANN, Shoah en 1985. Agé de vingt ans à son arrivée à Auschwitz en Mai 1942 il sera affecté un mois plus tard, à la brigade des Sonderkommandos. Roger FAJNZYLBERG a, un jour, ouvert une boîte où se trouvaient quatre cahiers d’écolier rédigés par son père à Auschwitz. Georges BENSOUSSAN qui dirigeait alors La Revue d’Histoire de la Shoah, souhaitera en publier des extraits.

Le reportage ci-dessous évoque ces Sonderkommandos.

Commentaires

Articles les plus consultés

Iel se faisait appeler Véronika ou Coupe-zizi...

Par qui sommes-nous dirigés ? Un reportage saisissant...

L'affaire Jean-Michel Trogneux... un mensonge d'Etat ?