La compromission de l'Eglise catholique française face à Pétain...
L'Eglise vaticane avec Pie XII a eu beaucoup à se reprocher face aux nazis d'HITLER mais qu'en a-t-il été de l'attitude de l'Eglise catholique française face aux agissements répréhensibles du maréchal PETAIN ? D'autant qu'à l'époque quasiment 90% des Français étaient catholiques et que l'influence de l'Eglise était considérable, surtout dans le monde rural !
C'est sans doute ce qui a poussé PETAIN à trouver un allié de choix avec cette Eglise-là, même s'il n'était pas croyant lui-même ! Aux seules fins de propagande, il lui arrivera d'ailleurs d'assister à une messe ne serait-ce que pour se montrer. Pour les cardinaux qui étaient en place en France au début du conflit, aussi bien Monseigneur SUARD à Paris que le cardinal GERLIER, le primat des Gaules à Lyon, on attendait que Vichy, dans la politique de redressement choisie, s'appuie enfin sur les bases catholiques du pays. Comme le reconnaîtra Mgr GERLIER face à PETAIN, La France avait besoin d'un chef, Dieu a permis que vous soyez là, toute la France est derrière vous ! Certains responsables ecclésiastiques comme le Père jésuite CHAILLET se montreront plus circonspects mais PETAIN finira par obtenir l'accord de la plupart des responsables catholiques lors de la promulgation de ses lois anti juives ! Le Père CHAILLET finira du reste par s'engager dans l'action clandestine pour protester. Un fervent catholique Xavier VALLAT sera cependant mis à la tête d'un commissariat aux affaires juives à Vichy et on ira jusqu'à traquer les anciens juifs qui s'étaient convertis au catholicisme. Pour le Père CHAILLET, c'était être un mauvais catholique que de défendre la politique de PETAIN et de VALLAT. Au Vatican, à Rome, le nouveau pape PIE XII entré en fonctions en 1939, se révoltera de son côté trop faiblement contre les mesures nazies prises contre les Juifs, en France comme ailleurs.
Au moment de la rafle à Paris en juillet 1942, le cardinal SUARD réagira enfin en s'opposant aux mesures prises par LAVAL et BOUSQUET ce qui lui vaudra d'être rappelé à l'ordre. Mais sur le point d'envoyer une lettre de réprobation, SUARD renoncera à son projet. Qui ne dit mot, consent, dit-on ! Le nonce Valério VALERI tentera bien de réagir à son tour sentant qu'on était arrivés en France à des extrémités de plus en plus dangereuses. Il en sera de même de l'archevêque de Toulouse Monseigneur SALIEGE et leurs initiatives ralentiront les projets néfastes des Pétainistes. Il faudra cependant attendre 1943 pour que les responsables ecclésiastiques dans leur grande majorité se lèvent contre les mesures nazies et entrent en résistance à leur tour. La collaboration avec PETAIN et LAVAL vivra donc ses derniers mois ! Mais, à la Libération, peu d'ecclésiastiques subiront des reproches de l'Eglise vaticane et du pape Pie XII. Au moment de sa mort, ce dernier reconnaîtra néanmoins la faillite de ses premières années de pontificat. Et en France, il faudra attendre 1997 pour que l'Eglise catholique fasse, elle, acte de repentance.

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