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Le coeur d'Arletty était français mais son cul était international !

 

Les amateurs de cinéma ne peuvent avoir oublié Léonie BATHIAT surtout connue sous le nom d'ARLETTY (ci-dessus) qui aura campé quelques rôles magistraux dont nous aurions du mal à dresser ici la liste tellement ils sont nombreux. Du plus connu, Hôtel du Nord en 1938 avec cette réplique légendaire : "Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère" à d'autres compositions comme dans Le jour se lève en 1939, Les visiteurs du soir en 1942 ou Les enfants du paradis en 1945, quatre films de Marcel CARNE et Jacques PREVERT. Devenue mannequin après avoir fabriqué des obus pendant la Première Guerre Mondiale, ARLETTY avait dû attendre les années trente pour s'imposer. Son enfance l'avait vue confrontée à des drames avec la mort accidentelle de son père, mais elle semblait avoir déjà un fort caractère qui l’aidera à traverser les épreuves et il y en aura quelques autres. Il semble qu'elle ait voulu vivre, profiter, s’amuser, et prendre une revanche sur la vie qui l’avait si secouée dans sa jeunesse avec ce drame familial. Jacques PREVERT reste celui qui avait le mieux su capter sa nature, en lui écrivant des rôles sur mesure. Et cela a donné quelques films qui restent parmi les plus beaux de notre patrimoine cinématographique. 

Poursuivie à la Libération et arrêtée en octobre 1944 pour avoir couché avec un Allemand et avoir failli être tondue avant d'être emprisonnée à Drancy puis à Fresnes, la comédienne n'y était pas allée de main morte lorsque s'exprimant face au président du tribunal au moment de son procès, elle avait déclaré de sa voix très Hôtel du Nord avec toute sa gouaille provocante : "Qu'est-ce que vous voulez, si mon coeur est français, mon cul, lui, il est international". Mais il semble qu'on ait voulu lui faire payer son amitié pour Josée de CHAMBRUN la fille de Pierre LAVAL et plus que tout sa liaison avec le lieutenant-colonel allemand Hans-Jürgen SOEHRING, membre de la Luftwaffe et homme de confiance d'Hermann GOERING à Paris dont elle sera même enceinte avant de choisir de se faire avorter. Malgré quelques autres liaisons relevées ça et là, celle d'ARLETTY sera l'histoire d'amour la plus célèbre durant l'Occupation. À ses yeux, Hans-Jürgen n’était pas un Allemand, pas un officier de la Luftwaffe, mais l’homme qui faisait battre son cœur, qui le faisait vibrer, le plus grand amour de sa vie. Ils resteront d'ailleurs ensemble après la guerre et jusqu'en 1948. Dans un ouvrage publié chez XO, le comédien Jean-Claude BRIALY revient sur l'amitié qui le liait à ARLETTY à laquelle il aimait rendre visite en vue de partager un repas et en lui apportant des petites choses auxquelles elle était restée sensible, évoquant ceux qu'elle aimait fréquenter comme l'écrivain Louis-Ferdinand CELINE. Précisons tout de même que cette liaison avec Hans-Jürgen la contraindra à cesser ses activités de comédienne pour trois ans en 1946.

Comme on le verra dans l'entretien ci-dessous, elle avait gardé à plus de soixante ans toute sa beauté. Atteinte d'un glaucôme qui entraînera une cécité, diminuée par une mauvaise chute, ARLETTY décédera à 93 ans en 1992. En 2022, une passerelle permettant de franchir le canal Saint-Martin et portant son nom sera inaugurée à deux pas de ce qui restait de l'Hôtel du Nord.

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