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Jacques Borel, longtemps le symbole de la malbouffe !

 

Une réussite comme on les aime suivie quelques années plus tard d'une dégringolade mémorable, telle pourrait être en deux mots ce qui reste de l'aventure de Jacques BOREL (ci-dessus), un ancien commercial d'IBM né en 1927 qui avait voulu lancer un concept de restauration rapide à des prix défiant toute concurrence.

Conquis aux Etats-Unis, où il s'était trouvé en stage, par ces steaks hachés de bœuf servis dans des petits pains ronds chauds accompagnés de frites, il s'était heurté dès la création de ses premiers établissements parisiens rue du Colisée et son premier Wimpy ouvert le 31 mai 1961 rue du 4 septembre à une vigoureuse opposition de ceux qui ne voyaient pas dans les années soixante de cuisine possible qui puisse être différente de celle servie par les restaurants traditionnels. « J’étais forcé de gagner, dira Jacques BOREL, parce que ce sandwich contenait du bœuf, qu’il était chaud et servi à table. Alors que son seul concurrent, était un sandwich de porc, froid, mangé debout au comptoir des bistrots. À l’époque, pour être rentable, il fallait faire trois couverts par siège et par jour et j’en faisais dix-huit en semaine et vingt-sept le week-end ! » Les Wimpy se multiplieront comme des petits pains dans la capitale puisqu'il y en aura une vingtaine dans l'hexagone de créés (15 à Paris et 5 en province). En 1959, Jacques BOREL décidera de se tourner également vers le marché de la restauration collective pour cibler les cantines d'entreprise et fondera à cet effet la Générale de Restauration, qu'il dotera de la toute première centrale d'achats. Avant de se tourner ensuite vers les restaurants d’autoroute. Une expérience Fast food qui précédera l'implantation des premiers Mac Donald's (1972) ou autres Burger King, Jacques BOREL étant déterminé à imposer le burger en France. Persuadé que les Français avaient envie de découvrir de nouvelles façons de consommer, il allait donc les y aider.

C'est sans doute l'opposition de tous ses détracteurs et un conflit avec la société-mère du Wimpy qui incitera Jacques BOREL à foncer encore davantage après ses premières expériences et à se lancer à l'assaut de la gastronomie française. Fossoyeur du repas à la française, il est vrai que l'homme aura bouleversé les usages et compris tout le bénéfice qu'il pourrait tirer des autoroutes. Il y implantera très vite des "Restauroutes" et le premier dès 1969 sur l'A6 près d'Auxerre. Avec un chiffre d'affaires de 1,6 milliard de francs, il semble que plus rien n'arrêtait Jacques BOREL en 1972 année qui le verra se lancer dans la conquête hôtelière bien que devancé par Novotel. Il essaiera néanmoins de prendre le contrôle dès 1975 de la chaîne hôtelière Sofitel ! Vexé par l'image qu'avait propagé le film L'aile ou la  cuisse avec Coluche et de Funès, Jacques BOREL se montrera trop gourmand mais ses banquiers n'apprécieront pas et ce sera très vite l'hallali. Un brin narcissique les cours de son action Jacques Borel International cotée à la Bourse de Paris étaient affichés dans l'entrée de l'immeuble où il avait ses bureaux. Mais mis à l'index par son conseil d'administration, il devra donc démissionner en 1977, il n'avait que 50 ans. C'est la société Accor de DUBRULE et PELISSON qui reprendra progressivement les actifs de Jacques Borel International. 

Reçu au marché d'Aligre par le chroniqueur Jacques DUQUESNE en 2011 pour évoquer son parcours, Jacques BOREL témoignait encore à 84 ans de son odyssée sans avoir perdu son caractère et en affichant une énergie débordante. Il reste encore de lui aujourd'hui le ticket restaurant.

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