Sid Ahmed, le tueur des trains au sourire ravageur
L'homme n'avait pas supporté l'idée de revenir en France payer pour ses crimes et il se sera donc donné la mort dans sa prison portugaise, quelques jours après avoir révélé à la presse certains éléments sur le personnage trouble qu'il campait. Celui d'un cinglé apparemment mal dans sa peau, d'origine algérienne, et qui disjonctait régulièrement puisqu'il lui était déjà arrivé d'avoir été arrêté après avoir commis maints délits depuis son arrivée en France cinq ans plus tôt. Déjà suspecté d'avoir tué Isabelle CAILLAUX dans le Calais-Vintimille du 15 décembre 1999, il l'avait ensuite été d'avoir ôté la vie d'une jeune étudiante anglaise Isabel PEAKE dont le corps avait été retrouvé au bord d'une voie ferrée près de Châteauroux peu de temps auparavant. Une étudiante dont il apparaît qu'elle n'aurait pas été préalablement tuée à l'aide d'une arme quelconque mais jetée d'un train roulant à vive allure, ce qui explique que son corps ait pu être désintégré en heurtant un caténaire situé en bord de voie. Sans pour autant que l'on puisse d'abord déterminer si elle avait pu être jetée du train par une portière ou par une fenêtre. Ce n'est qu'après une expertise que l'on penchera pour une défenestration, le corps portant la trace d'une marque ventrale.
Sorti de prison en juin 1999 et donc quelques mois avant qu'il donne la mort, on tentera de localiser l'individu à l'adresse d'Amiens qui était la sienne. Mais il apparaîtra que le dénommé REZALA bougeait beaucoup et qu'il se déplaçait souvent en train puisqu'on retrouvera la trace de... 40 verbalisations pour diverses infractions ! Une seconde adresse donnée à un contrôleur de la SNCF fera état d'un domicile à Marseille qui sera celui de ses parents. Grillés par un journaliste, les policiers marseillais ne parviendront pas à appréhender leur suspect et une longue chasse l'homme s'engagera alors. Localement, le jeune Sid Ahmed était déjà considéré comme une pointure qui promettait puisqu'il avait déjà été condamné à l'âge de quinze ans pour un viol commis sur un adolescent qui aurait été selon lui consentant. Une agression commise surtout pour faire mal à l'autre et sans que REZALA soit un homosexuel, qui lui vaudra d'écoper quatre ans fermes d'emprisonnement. Il sera néanmoins libéré fin 1996 sans qu'il y ait une réelle volonté de se réinsérer. Du moins jusqu'en 1997 où devenu père d'une petite fille il se montrera plus raisonnable. Jusqu'à ce que se produisent d'autres délits et un retour à la case prison en 1998 ! Peu de temps après sa libération de juin 1999, une autre étudiante d'Amiens, Emilie BAZIN disparaîtra au mois d'octobre que Sid Ahmad REZALA connaissait depuis peu et avec laquelle il était parti sans qu'on la retrouve. Hélas pour les proches de la jeune femme, on retrouvera son corps en décembre enfoui sous un tas de charbon dans une cave. Trois morts, la cavale meurtrière de ce tueur en série allait-elle donc s'arrêter en cette fin de l'année 1999 et allait-on pouvoir à nouveau voyager dans un train sans risquer sa peau ?
Soupçonné de s'être enfui à l'étranger, on retrouvera sa trace en Espagne à Barcelone. Puis au Portugal un pays d'où il avait eu la mauvaise idée de téléphoner à Amiens pour avoir des nouvelles de sa fille. Ce qui le fera repérer. Le tueur des trains se trouverait à Lisbonne dans un ensemble immobilier et grâce à une collaboration avec des policiers portugais, il sera interpellé. Il refusera cependant de parler des trois meurtres pour lesquels il avait été activement recherché durant près d'un mois et il refusera également de se plier à la demande d'extradition formulée par les autorités françaises. A une question des enquêteurs sur ce qui avait pu le conduire à tuer trois fois, REZALA dira seulement avoir été la victime de flashes en refusant paradoxalement de reconnaître par écrit les faits ! Pour l'agression commise sur Isabelle CAILLAUX dans le Calais-Vintimille, il finira par dire qu'il avait agi après avoir absorbé de la drogue et qu'il était confronté à "un mauvais trip" ! C'est finalement à un journaliste du Figaro venu le rencontrer en prison que REZALA se livrera en lui confiant qu'il avait mal vécu sa séparation avec la mère de sa fille. Il savait aussi que la France était résolue à le faire extrader et qu'un accord avait été passé pour ce faire entre la ministre Elisabeth GUIGOU et les responsables portugais.
Arrivé au bout de sa résistance et de toutes les astuces permettant de retarder cette extradition, Sid Ahmad REZALA se suicidera en prison à Lisbonne.

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