Le colonel Fabien, communiste et résistant !
Le nom de Colonel Fabien reste attaché à Paris dans le 19ème arrondissement au siège du parti de ce résistant, le Parti Communiste Français. Mais si ce nom est devenu célèbre, c'est parce qu'il cache aussi l'épopée tragique d'un certain Pierre GEORGES, un homme né le 21 janvier 1919 au sein d'une famille communiste et dont le père était ouvrier boulanger. L'homme est surtout connu pour avoir été l'auteur pendant l'occupation allemande du meurtre d'un aspirant de marine Alfons MOSER, un nazi commis le 21 août 1941 à 8 heures du matin à la station de métro Barbès-Rochechouart. Un meurtre destiné à venger l'exécution le 19 de deux autres communistes dans les bois de Verrières et qui coûtera cher aux Français puisqu'en représailles, les nazis exigeront l'exécution de cent otages avant d'en faire tuer 27 à Chateaubriant dont le jeune Guy MOQUET. Avec son épouse et sa fille, ils devront longtemps se cacher. Mais, qui était donc ce Pierre GEORGES qui s'était déjà distingué à plusieurs reprises très jeune ?
Engagé dans les brigades internationales au moment de la guerre d'Espagne par opposition au fascisme et envoyé à l'école d'officiers d'Albacète malgré des papiers d'identité où il s'était vieilli, il en ressortira avec le grade de sous-lieutenant, devenant lieutenant en 1938 après avoir été gravement blessé au ventre. C'est à son retour en France alors qu'il était devenu ouvrier chez Breguet Aviations qu'il sera élu comme secrétaire au comité central des Jeunesses Communistes de France. La guerre venue il ne tardera pas comme quelques autres communistes à rejoindre les rangs de la Résistance et à s'opposer aux nazis même avant que ceux-ci lancent leur plan Barbarossa de juin 1941. Evadé après avoir été arrêté il s'appuiera sur une imprimerie clandestine à Marseille pour imprimer ses appels à la lutte. Il rejoindra assez vite Paris où il sera le responsable d'une trentaine d'actions de résistance dont le meurtre de ce nazi en août. D'abord surnommé Frédo, c'est au moment du débarquement allié de juin 1944 qu'il choisira ce surnom de "Colonel Fabien" en devenant responsable de tout le secteur sud de la région parisienne et en participant à la libération de Paris.
Sous ce pseudonyme de « Fabien », il prendra dès lors des responsabilités dans l’organisation des groupes armés FTP, dirigeant des groupes de partisans qui saboteront les infrastructures ennemies et harcèleront les troupes d’occupation. Pierre GEORGES sera cependant tué le par l'explosion d'une mine qu'il était en train d'examiner à Habsheim près de Mulhouse et qui devait être utilisée dans une opération près du canal de Huningue. Pour les anciens du village, le nom de Fabien résonne encore aujourd'hui dans la mémoire. Mais pour les autres, il ne reste pas grand-chose de ce jeune Parisien mort sur la terre d'Alsace.

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