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1964... Laure Moulin était revenue sur la mort de son frère Jean

  Laure Moulin avait parlé de la mort de son frère Jean

Laure Moulin avait parlé de la mort de son frère JeanC'était un 19 décembre, en 1964 au moment du transfert des cendres du célèbre résistant au Panthéon et Laure MOULIN (ci-dessus), la soeur de Jean MOULIN avait évoqué au micro de France-Culture ce qu'elle savait de la disparition de son frère. Jean MOULIN avait été arrêté le 21 juin 1943 à Caluire dans la région lyonnaise et il serait mort le 8 juillet suivant dans un train en partance pour l'Allemagne où il aurait dû être déporté après avoir été torturé des jours et des jours par Klaus BARBIE. Bien que l'on ait dit qu'il avait été difficile d'authentifier les cendres de la dépouille de son frère, elle restait persuadée que l’urne 10 137 confirmait la crémation de son corps. 

En septembre 1941, en zone libre, dans l’appartement familial montpelliérain, l’ex-préfet avait un temps hésité après avoir failli mourir à Chartres où torturé il avait tenté de mettre fin à ses jours. Pour continuer le combat contre les nazis, devait-il se rendre aux États-Unis ? C'est alors que Laure, 49 ans, lui avait suggéré l'idée de rallier l’Angleterre et de GAULLE pour rencontrer celles et ceux qui luttaient encore en Europe. Leur relation privilégiée empreinte de complicité les aidera. Elle apportera dès lors son soutien à l'ancien préfet, puis s’engagera à ses côtés, apportant une aide indispensable à son action dans la Résistance intérieure. La paix revenue, la résistante, comme la plupart de ses consœurs, ne s’était pas irritée du peu de reconnaissance accordée au combat de cette Résistance souvent meurtrie. Inutile de dire qu'elle avait suivi avec attention le procès à Paris de René HARDY qui passe toujours pour être celui qui aura livré Jean MOULIN aux nazis. Ce qui était également le sentiment du secrétaire de l'ancien préfet puisque Daniel CORDIER, interrogé avant son décès en novembre 2020, avait cependant regretté que des archives n'aient pu contribuer à éclaircir un dossier qui reste encore aujourd'hui non solutionné. 

« Son rôle est joué, et son calvaire commence. (…), il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. » Cette phrase qu'a prononcé MALRAUX en 1964 lors de la panthéonisation de Jean MOULIN n'est pas de lui, mais de Laure qui œuvrait alors inlassablement dans l'ombre pour la postérité du frère héroïque et vénéré qu'elle avait perdu vingt-et-un ans plus tôt. Plus âgée de sept ans que son frère, Laure MOULIN qui avait elle-même été résistante, est décédée le 31 décembre 1974 après avoir consacré un ouvrage à son frère qui sera publié en 1982. Un livre d'autant plus passionnant qu'il éclaire une époque, celle de la guerre froide, et que son auteure était prête à s'arranger avec les réalités honteuses du passé. Jusqu'à son décès elle avait travaillé, en gardienne infatigable de la mémoire du résistant, à la reconnaissance de l'ampleur de l'action de son frère, et donc à sa panthéonisation.

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