Salazar, le professeur de droit devenu dictateur...
De ce dictateur on ne parle guère et il aura su se faire rapidement oublier. Du moins à l'extérieur de son pays qui reste aujourd'hui convaincu qu'Antonio de Oliveira SALAZAR reste une personnalité lusitanienne de premier plan. Mais, depuis ce jour de 1974 et la "Révolution des oeillets" le Portugal a retrouvé la liberté et échappé à la dictature qu'il avait mis en place en 1932, un an avant l'arrivée au pouvoir d'HITLER en Allemagne. Il faut savoir qu'enfant, SALAZAR était un homme seul qui ne partageait pas les jeux d’autres enfants et qui avait choisi de vivre dans l’isolement ses années de jeunesse. Certains de ses biographes évoqueront d'ailleurs ses longues promenades solitaires, avec son chien. Les descriptions de son cadre de vie sont éloquentes ; on évoque une sorte de pauvreté, des pièces étroites qui semblent uniquement meublées pour des raisons utilitaires et une chambre ressemblant à une sorte de cellule. Il menait une vie si modeste, qu'il était devenu une sorte de Spartiate, d'ascète, de moine se confinant dans l’isolement et le silence, et quelqu'un pour qui les apparitions en public devenaient un véritable calvaire.
C'est après le coup d'état d'Oscar CARMONA du 28 mai 1926 qu'Antonio de Oliveira SALAZAR deviendra ministre des Finances Cependant, à partir de 1932 et durant son règne le Portugal restera largement sous-développé, sa population relativement pauvre et d'un faible niveau d'instruction par rapport au reste de l'Europe. Surtout opposé au communisme, au socialisme et au libéralisme, il maintiendra l'Eglise catholique à distance de son pouvoir. C'est donc à l'âge de 39 ans qu'il deviendra d'abord le dictateur des Finances avant, quatre ans plus tard de devenir le leader incontesté du Portugal qui était alors au bord de la banqueroute. En un an, il venait de procéder à un redressement financier spectaculaire en rétablissant l'équilibre budgétaire et en stabilisant l'Escudo, la monnaie portugaise. Son régime aura pour devise officielle : « Dieu, Patrie, et Famille ». et prendra le contrôle de la société portugaise en s'assurant le soutien de riches propriétaires, d'industriels et de banquiers. Des orientations dont s'inspireront en France les Pétainistes. Bien qu'il ait été un piètre orateur et qu'il ait été l'auteur de guerres coloniales ayant provoqué de nombreux morts, les milieux d’affaires et les grands propriétaires fonciers voyaient en lui un homme compétent qui avait réussi à rétablir la confiance dans la monnaie et les comptes publics, et capable d’incarner l’ordre et la stabilité. Pour s'aider il aura recours à une sorte de Gestapo ou police politique, celle de la Policia Vigilancia e Defesa do Estado ou PVDE. Le rôle de celle-ci sera de surveiller la population, de chasser les opposants au régime au sein de la métropole portugaise et dans les colonies et d'appliquer la censure, voire de faire enfermer les opposants en les torturant au besoin en s'appuyant éventuellement sur la délation. En 1965, il fera du reste enlever son principal opposant le général DELGADO devenu le symbole de l'anti salazariste qu'il fera tuer avec sa secrétaire. Cultivant le mystère – notamment sur sa vie privée –, s’accommodant parfaitement de n’être que le chef d'un Gouvernement laissant sur l’avant-scène jusqu'en 1951 le chef de l’État – le général CARMONA –, SALAZAR n’est pas considéré comme un chef charismatique de le même trempe que FRANCO, HITLER ou MUSSOLINI.
Durant la guerre, le Portugal de SALAZAR maintiendra des relations commerciales avec l'Allemagne nazie d'HITLER sans pour autant s'éloigner d'accords conclus avec la Grande-Bretagne de CHURCHILL. Une alliance dont il semblait avoir besoin ne serait-ce que pour se prémunir du risque s'annexion de l'Espagne franquiste qui n'avait pas caché son intention de s'intéresser au Portugal en 1940. Mais en 1968, il sera victime d'un AVC et contraint de laisser le pouvoir à Marcello CAETANO avant que ce dernier abandonne le pouvoir durant la révolution des oeillets.

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