Françoise Arnoul, la "femme fatale" des années cinquante...
Elle en aura fait tourner des têtes la belle Françoise ARNOUL tout en reconnaissant qu'elle était magnifique ! Désireuse de se tourner vers le cinéma elle empruntera à son père polytechnicien Charles Lionel Honoré Arnoul GAUTSCH l'un de ses prénoms. Arnoul, la gamine en fera son nom de scène au sortir de l'enfance au moment même où se profilait pour elle une carrière d'actrice au cinéma à la suite de rencontres déterminantes. Obligé de quitter l’armée à cause de ses critiques envers Vichy, reconverti dans l’industrie de la pêche, son père Charles GAUTSCH avait choisi de rester au Maroc pour ses affaires et de laisser sa fille suivre sa mère à Paris, où elle dévorera vite des Cinémonde et où elle se donnera les moyens de ses rêves de cinéma. Un cinéma où après quelques seconds rôles elle incarnera très vite des personnages souvent énigmatiques voire un tantinet pervers. La bouche gourmande, l'oeil rieur et la silhouette fine, elle jouera le rôle d'une femme-enfant vénéneuse dans "Le Fruit défendu" d'Henri Verneuil (1952) avant de camper un rôle important dans le French cancan de Jean RENOIR (1953). Mais c'est de 1955 à 1965 qu'elle obtiendra avec Didier DECOIN ses plus grands rôles dont ceux de cette espionne : La chatte sort ses griffes (ci-contre) qui la verra jouer le rôle d'une traitresse choisissant de trahir la Résistance ! Jeune rivale de Martine CAROL Françoise ARNOUL sera un temps, avec sa sensualité débridée, l’une des figures de l’érotomanie cinéphilique française. Lorsque le temps sera venu de tourner la page dans les années soixante-dix, elle dira qu'elle n'avait jamais été vraiment intéressée par sa carrière et qu'elle n'avait joué que dans des films qui lui plaisaient avant tout.
Pour le MI5 celle que Françoise ARNOUL interprétera était quelqu'un de fondamentalement vicieuse, fielleuse et amorale et dont l'apparence était aux antipodes de le magnifique Françoise. Mais de son parcours d'espionne, il ne reste rien ou pas grand-chose de Mathilde CARRE sinon cette interprétation de la splendide actrice (ci-dessus) dans les deux films qui s'inspirent plus d'un personnage pourtant loin d'avoir une telle plastique que des propres aventures de Mathilde. La chatte puis La Chatte sort ses griffes d'Henri DECOIN furent cependant deux réussites cinématographiques.
Mathilde CARRE (ci-contre), née Mathilde Lucie BELARD le 30 juin 1908 au Creusot dans la Loire, qu'on avait surnommée la Chatte, a été une espionne pendant la Seconde Guerre mondiale. On dira d'elle qu'elle aura été la "Mata Hari de cette seconde guerre, sans doute à cause de son implication. Il est vrai que responsable de nombreuses arrestations par trahison, elle aura été un agent triple. Agée de 32 ans au début de la guerre, Mathilde écumait les bars et s'ennuyait. Elle qui était infirmière dans le nord de la France avait dû se résoudre à suivre le mouvement d'exode de milliers de compatriotes vers le sud afin de fuir l'arrivée des tanks allemands. Ce soir-là, au café "La Frégate", au milieu des soldats et des réfugiés sirotant leur bière, elle attirera le regard d'un capitaine d’aviation polonais. C'est ce Polonais de rencontre qui lui proposera de mettre sur pied un réseau d'espionnage avec les relations qu'il s'était faites parmi les alliés. C'est à Vichy, alors que Mathilde fréquentait les bars des hôtels de luxe non sans se servir de ses atouts félins, que des journalistes américains la surnommeront La Chatte. Peut-être parce qu'il lui arrivait de se lover sur des banquettes en cuir en y laissant la marque de ses ongles.
Françoise ARNOUL qui avait été également la partenaire de Jean Gabin dans le film Des Gens sans importance et une vedette reconnue du cinéma des années 1950 mourra le 20 juillet 2021 dans un hôpital parisien à l'âge de 90 ans des suites d'une longue maladie


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